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Jazz à Paris Ile-de-France

vendredi 16 novembre 2018

Tourisme Paris

Soixante ans après sa première venue en France, la Cité de la musique a consacré une rétrospective d'envergure à l'un des grands créateurs de la musique du XXe siècle, Miles Davis, intitulée "We want Miles". L’exposition a permis de rappeller combien la capitale fut au coeur d'un bouillonnement créatif dont le jazz constitua la bande-son. Reflet de cette vitalité, la ville propose une offre d'une grande diversité, dans les cadres les plus variés : de l'intimité des clubs aux festivals qui ponctuent la saison, des bars de quartier ouverts aux jeunes musiciens jusqu'aux salles qui présentent les stars en tournée. Ainsi les lieux dans lequel le jazz s'exprime permettent de trouver son bonheur, tant en matière de tarifs que de styles.

Paris, le jazz en capitales

Le jazz et Paris, une longue histoire ! La capitale française a toujours bien accueilli le jazz et si les quartiers ont changé avec le temps, la musique continue de résonner au quotidien dans de très nombreux lieux, entre tradition et invention. 

Débarqué en France dans le sillage des troupes américaines engagées dans la Première Guerre mondiale, le jazz s'est bien acclimaté à Paris, ville qui fit de Josephine Baker son égérie durant les années folles et adopta le swing comme mode de vie dans les cabarets de Pigalle et Montparnasse. Grâce à Django Reinhardt et Stéphane Grappelli, la France vit émerger le premier style de jazz original qui ne soit pas né sur le territoire américain. Plus d'un demi-siècle après la disparition du génial manouche, le jazz se porte bien dans cette ville où plane encore le souvenir des grands jazzmen qui y avaient élu domicile, de Sidney Bechet à Bud Powell en passant par Dexter Gordon ou bien encore, comme en écho de la rumeur de Mai 68, les membres de l'Art Ensemble of Chicago. Miles Davis enregistra dans un studio parisien la musique qui rendit fameux le film Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle. La chanteuse Dee Dee Bridgewater y révéla son talent. De nos jours encore, il n'est pas rare de croiser la silhouette familière du saxophoniste Archie Shepp dans la pénombre d'un club.

Hier grâce à Martial Solal ou à Michel Petrucciani, aujourd'hui avec des musiciens tels que Julien Lourau ou Baptiste Trotignon, le jazz hexagonal n'a pas à rougir de la comparaison avec les autres scènes internationales. Expérimental, traditionnel, métissé, fertile, le jazz à Paris ne reste pas en place. Il prend les couleurs de l'Afrique ou des Caraïbes, il se branche aux platines de l'électro, il cultive la mémoire du be-bop, il entretient la flamme manouche, il joue à l'apprenti sorcier free, il se féminise enfin, il se danse toujours, il se mêle au hip-hop, il se confronte au slam... Bref, le jazz bouge et se démultiplie. En solo dans une galerie d'art, en big band dans une grande salle, en petite formation dans un club, devant le parterre des plus beaux théâtres, il est partout chez lui. A vous de choisir le vôtre.

Et ce n'est pas l'offre qui manque. Outre les différents clubs et bars qui en accueillent régulièrement, le jazz est, à Paris et en Ile-de-France, à l'affiche d'un nombre impressionnant de festivals qui couvrent toute la saison. Si bien qu'il y a toujours quelque chose à découvrir : les différentes formes de la musique afro-américaine et l'avant-garde à Sons d'hiver (Val-de-Marne) tout comme à Banlieues bleues (Seine-Saint-Denis), les couleurs du jazz européen avec JazzyColors qui prend place dans les centres culturels des instituts étrangers de la capitale, la créativité du jazz actuel avec Jazz au fil de l'Oise (Val-d'Oise) ou Jazz aux Arènes de Montmartre, des concerts en plein air gratuits à La Défense Jazz Festival (Hauts-de-Seine) ou au Paris Jazz Festival au Parc floral, tout un quartier au rythme du jazz grâce à Jazz à Saint-Germain-des-Prés, la diversité des pratiques contemporaines et des héritages au festival Jazz à La Villette, les jazzmen qui font l'actualité au CareFusion Jazz Festival, au Festival All-Stars du New Morning , à l'American Jazz Festival du Sunside ou encore au Enghien Jazz Festival, la vitalité du swing manouche au festival Django-Reinhardt de Samois-sur-Seine ou bien au festival Jazz-musette des Puces à Saint-Ouen, ou les fusions en tout genre grâce à Jazz ‘n Klezmer ... Impossible de ne pas en trouver un qui sied à votre oreille !

Paris culture club, hôtels et bars

Mais le Jazz à Paris ce ne sont pas que des festivals. Tous les artistes cités ci-dessus ont tous fréquentés les clubs, les bars d'hôtels et les restaurants parisiens. Ici, plus qu'ailleurs la culture du Jazz est enracinée et de simple hôtels de tourismes peuvent devenir des références du genre à travers me monde.

Envie de dîner en musique, de vous retrouver pour bruncher entre amis au son du jazz ou de boire un verre bien installé dans un fauteuil... le jazz vous accompagne jusqu'à votre table, servi sur un plateau.

Installé dans le très chic hôtel d'Aubusson, dans la cave duquel se trouvait autrefois le fameux Tabou des existentialistes, le Café Laurent perpétue avec élégance l'esprit du jazz à Saint-Germain-des-Prés grâce à la présence du pianiste maison Christian Brenner qui se produit avec un trio de bonne tenue du jeudi au samedi pendant les apéritifs (de 18h30 à 20h) et se transforme en quartet en accueillant un invité, chanteur ou instrumentiste de qualité, pour un concert (de 21h30 à 0h30). Un havre de tranquillité dans un quartier le soir très animé.

Lieu de rendez-vous sélect et mondain, le bar de l'hôtel Lutetia aux superbes fauteuils de cuir, orné de sculptures d'Arman et Philippe Hiquily, accueille tous les soirs un pianiste à partir de 19h. Du mercredi au samedi, en outre, des concerts « Lute-Jazz » à 22h15 permettent de prendre un verre au rythme d'une formation de jazz traditionnelle. A l'hôtel de Banville, c'est la propriétaire des lieux qui, tous les mardis soirs, de 19h à 22h30, accompagnée par un pianiste, chante un medley de standards de jazz et de chansons françaises. Au bar du très branché Hotel Urban Bivouac, dans le 13eme arrondissement dans le quartier Tolbiac, l'ambiance est colorée dans le décor comme dans la musique avec une programmation jazz-soul en parfaite adéquation avec le design. Le samedi, les DJ résidents mixent jazz, soul, disco et rare groove ; le dimanche, on vient pour un bossa jazz brunch.

Lieu historique de l'arrivée du jazz en France, le Boeuf sur le toit doit son nom à une oeuvre de Darius Milhaud, l'un des premiers compositeurs à s'intéresser aux musiques extra européennes, écrite sur un argument de Jean Cocteau, batteur de jazz à ses heures. On raconte que l'expression "faire le boeuf" - l'équivalent de la "jam session" américaine - viendrait de l'époque où les musiciens, qui avaient pris l'habitude de se retrouver dans ce lieu prisé de la bohème artistique des années 1920, se mettaient à jouer entre eux de manière informelle. Le jazz a fait son retour dans les murs de cette brasserie où a lieu désormais, deux lundis par mois, un concert suivi - naturellement ! - d'un boeuf.
Le Petit Journal Montparnasse propose des formules dîner-spectacle qui combinent un menu de tradition française avec un concert dont le genre varie selon les soirs. Côté jazz, le patron des lieux apprécie les grandes formations swing (Claude Bolling s'y produit régulièrement), le jazz dixieland et le rhythm'n'blues cuivré comme celui du groupe Captain Mercier. Au Havana Jazz, lieu ouvert par des natifs de La Havane, une bonne cuisine cubaine cohabite pour le meilleur avec une programmation essentiellement jazz qui met en avant jeunes talents et jazz vocal.

Enfin, deux brunchs pour les lève-tard du dimanche amateurs de jazz : à la Bellevilloise, dans une halle vitrée emplie d'oliviers en pot au son d'un groupe généralement world-jazz ; dans l'excentrique décor du Réservoir, en compagnie d'un trio et, entre les sets, des DJ qui mixent des disques rares, de septembre à juin.

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