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Les bases de l’autoconstruction

mardi 18 septembre 2007

Résumé : Six points me semblant importants sont présentés comme bases de l’autoconstruction écologique : le facteur temps, la législation, le financement, l’organisation, la mise en œuvre et la persévérance. Il s’agit par contre d’un survol et beaucoup d’autres points, non mentionnés ici, sont à considérer avant de se construire.

L’autoconstruction est passionnante ! À mon avis, tout le monde devrait construire sa propre maison selon ses goûts, ses besoins et son budget. Cependant, s’autoconstruire est aussi tout un défi qui n’est pas sans entraves… Cet article a donc pour but de dresser un bilan des principaux points (selon moi) qui font en sorte que s’autoconstruire reste un défi plaisant et que le projet puisse aboutir à quelque chose de concret.

Notez aussi que je vois une grande différence entre l’autoconstruction et l’écoconstruction ; quelqu’un peut s’autoconstruire sans nécessairement utiliser des méthodes écologiques. Cependant, dans cet article et dans les futurs, je considérerai toujours l’autoconstruction utilisant des méthodes écologiques. Voici donc six points qui sont essentiels à mes yeux.

1-LE FACTEUR TEMPS
Se construire demande beaucoup de temps et, souvent, plus que ce que l’on avait prévu. Avant de s’embarquer dans un projet semblable, il faut se demander si l’on a suffisamment de temps à consacrer à notre projet afin qu’il ne devienne pas découragent ou latent.

Règle générale, si vous pensez vous construire en utilisant des méthodes hors standard, vous pouvez compter plusieurs années avant de penser à entrer dans votre nouvelle maison. Pourquoi aussi long ? Parce que vous ne pouvez pas compter sur des contractants puisqu’ils ne connaissent pas les méthodes de construction écologiques (dans la majorité des cas). Et vos amis ? Ils sont occupés aussi ! Vous aurez probablement de l’aide de temps à autre, mais vous travaillerez seul en majorité du temps. À moins que vous ayez prévu d’engager des gens pour vous aider ? C’est pensable, mais ça dépend de votre budget. Vous pouvez aussi organiser une corvée de temps à autre, mais elles sont difficiles à gérer puisqu’on ne sait pas trop combien on va être sur le chantier cette journée là et qu’il faut avoir des yeux tout le tour de la tête pour gérer tout ce qui s’y passe.

Bref, vous passerai beaucoup de temps à travailler seul et ce facteur fait en sorte que le projet sera plus long qu’un projet « normal ». L’idéal est donc de se faire un échéancier à long terme réaliste sur lequel on voit apparaître les principales étapes du projet. À mon avis, il est toujours mieux d’en mettre un peu moins que plus. De cette façon, s’il y a des imprévus (et il y en a !), on pourra tout de même suivre nos objectifs et le projet restera encourageant.

2-LA LÉGISLATION
Mentionnons d’abord que les lois sont souvent là pour nous protéger et non pour nous nuire. Il faut les voir d’un bon côté même si, parfois, elles nous semblent insensées.

Il y a plusieurs aspects légaux à respecter lors d’une construction. Si vous n’avez pas encore acheté votre terrain, la première chose à voir est : avez-vous le droit de construire sur le terrain que vous projeter d’acheter ? Si oui, à combien de bâtiments avez-vous droit ? Dans quelles conditions pouvez-vous construire ? Etc. En général, ces règles sont plus strictes en ville qu’en campagne, mais la rigidité des règlements dépend aussi souvent l’inspecteur en bâtiments avec qui vous faites affaire et de la relation que vous avez avec lui. Agissez de façon à ce qu’il soit de votre côté dès le départ et qu’il le reste. C’est lui qui mène !

Une fois que vous êtes prêt à construire, vous devez vous procurer un permis. Si l’inspecteur est de votre côté et que votre documentation (plans, projet, technique de construction, échéancier, etc.) est claire, obtenir un permis n’est pas un problème. En ville, et de plus en plus en région, on doit respecter le code du bâtiment, ce qui veut dire que pour obtenir votre permis, vos plans doivent être signés par architecte ou par un ingénieur.

3-LE FINANCEMENT
En général, un des buts de l’autoconstruction est d’éviter les coûts exorbitants de la construction standard dirigée par une compagnie quelconque. Dites vous que le seul fait d’être votre propre contractant – même si vous ne mettez pas les pieds sur votre chantier – vous fait sauver 20% de la valeur totale de votre construction. C’est déjà un bon début !

Si, en plus, vous faites vos travaux vous-même – en totalité ou en partie – vous épargnez davantage. Vous pouvez aussi couper les dépenses en recyclant des matériaux ou en achetant des fins de lignes de certains matériaux. Bref, il y a moyen de vraiment couper le prix d’une maison et de se construire quelque chose d’accessible.
Mais il reste quand même que l’on a besoin d’un certain financement, surtout lors de la construction des fondations et du toit. L’idéal est l’autofinancement, ce qui implique un projet à long terme (à moins que l’argent ne vous sorte par les oreilles !) et des dépenses bien calculées. Cette option n’est cependant pas toujours évidente et il faut parfois avoir recours à une autre source de financement telle une institution financière… Elles ne sont pas très enchantées des projets d’autoconstruction à long terme. Ces institutions aiment bien avoir l’assurance de pouvoir réclamer leur argent si vous n’arrivez pas à les payer, en d’autres termes, vous saisir et vendre la propriété. Ce qu’elles n’aiment pas du long terme, c’est qu’une maison à moitié construite ne se vend pas très bien. Mais il y a moyen de les convaincre si vous arrivez avec un projet bien monté et un dossier personnel propre.
Une autre « source » importante de financement est la maison temporaire : s’autoconstruire implique souvent que l’on ne puisse pas habiter sa maison pendant quelques années. S’il faut supporter le coût d’un loyer (qui ne vous reviendra jamais !) en plus des coûts engendrés par le chantier, ça commence à faire lourd. Par contre, si vous disposez d’un abri temporaire – un chalet, une roulotte, un campeur ou encore une petite construction neuve (qui vous sert de pratique) – le coût que vous payez n’est pas perdu, surtout si vous optez pour la petite construction neuve.

Une combinaison équilibrée de patiente et de plusieurs de ces facteurs, en misant le plus possible sur l’autofinancement, vous mènera certainement au bout de vos projets.

4-L’ORGANISATION
Il n’est pas dans la nature de tout le monde que de s’organiser. Mais il n’est jamais trop tard pour s’y mettre et apprendre à le faire. Je considère que l’organisation est l’un des facteurs qui vous fera sauver du temps et de l’argent et qui gardera votre chantier plaisant.
L’organisation de votre projet devrait se faire à long terme et à court terme. Un échéancier à long terme vous aide à voir où vous vous en allez et vous fait réaliser bien des choses, entre autre au niveau du temps que vous devrez attendre avant d’entrer dans votre maison. Une maquette de votre projet est une bonne forme d’organisation à long terme et elle vous fera sauver beaucoup de tracas sur le chantier. Cet échéancier devrait être révisé une ou deux fois par année afin de voir l’évolution de votre projet et de réajuster le tire au besoin.
L’échéancier à court terme, lui, devrait être refait régulièrement, chaque fois qu’une phase arrive à terme et qu’une autre phase est à envisager. Je fais continuellement des listes de choses à faire ou à penser – quotidiennement en période de chantier – et je les considère comme des échéanciers à court terme importants.

Les échéancier, à court, moyen ou long terme organisent votre projet et lui donnent une continuité. Sans organisation, vous risquez d’avoir des temps morts ou encore des tâches trop lourdes pour être réalisées. Votre chantier peut alors vous faire passer par des phases de découragement ou des pertes financières.

5-LA MISE EN ŒUVRE
Les échéanciers sont très importants, mais il ne faut pas en rester là… Il faut passer à l’action et voir vos échéanciers s’accomplir. Il faut que ça avance ! Si votre organisation est bonne, les choses avanceront sans trop de temps morts. Par contre, avancer ne veut pas dire avancer les yeux fermés… Il faut savoir s’arrêter et réfléchir au besoin, mais encore une fois, il ne faut pas rester à l’étape de réflexion. Il peut arriver que l’on se trompe, que l’on fasse des gaffes : je crois qu’elles font partie du jeu et que l’on en tire des connaissances.

Encore mieux que faire des erreurs, vous pouvez apprendre des erreurs des autres. Si vous avez la chance d’avoir une école d’écoconstruction près de chez-vous par exemple ! Profitez de leurs erreurs pour ne pas les répéter.

Bref, on est souvent hésitant face à des situations parce qu’on apprend. Il faut savoir demander, s’informer, se former ou encore faire ce que l’on pense et… apprendre ! Évidemment, il faut rester prudent, surtout lorsqu’il s’agit de la partie structurale de votre bâtiment. L’erreur ou l’improvisation n’a pas sa place dans la structure. Seul votre architecte ou un ingénieur compétent devrait vous dire quoi faire à ce niveau.

6-LA PERSÉVÉRANCE
Si vous décidez de vous construire un bâtiment écologique (et je vous le souhaite), vous n’avez pas fini de vous faire dire que vous êtes bizarre, que ça ne marchera pas ou encore que votre construction ne durera pas. C’est un classique, quoi que la tendance écologique soit à la hausse et que ce genre de projet intéresse de plus en plus de gens.
Peu importe les commentaires que vous entendrez, soyez persévérants et continuez à avancer. Ça ne veut pas dire de ne pas prendre les conseilles, mais il faut juste savoir distinguer les bons des mauvais et ne pas se préoccuper des commentaire négatifs. Soyez particulièrement prudents envers les conseils ou commentaires des gens qui travaillent sur la construction. Pas qu’ils ne sont pas bons, mais ils ne connaissent pas, en général, les techniques et les principes de base de la construction écologique. Disons que la mentalité n’est pas du tout la même et donc incompatible avec votre projet.

Voilà ! Évidemment, les bases ne se limitent pas à ce court texte. Beaucoup d’autres choses doivent être prises en compte avant de se lancer dans le merveilleux monde de l’auto/écoconstruction. Je vous encourage donc à suivre un cours sur les bases de l’autoconstruction écologique soit avec Archibio, soit avec Biobâtir ou avec toute organisation compétente dans le domaine. Si vous avez l’intention de vous construire, ce genre de cours vous aidera sans aucun doute. C’est le point de départ, la base. N’attendez pas l’année de votre construction pour le suivre. J’ai suivi ce cours il y a environ six ans… Trois ans avant notre première construction, et ce n’était pas trop tôt… Il y a beaucoup à penser !

Pour des conseils pratiques, visitez-nous ! www.biobatir.ca

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