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Trois exemples de pièges touristiques à éviter

mardi 23 juillet 2013

Voyageurs aux confins du monde ou près de chez soi : partout, à des degrés plus ou moins divers, abondent les arnaques et les pièges à con.

C’est quoi un piège à con touristique ? Un de ces lieux surfaits ou dont la magie est vérolée par la présence envahissante de boutiquiers, rabatteurs et types malhonnêtes de tout acabit. La liste pourrait être interminablement longue, mais en voici trois que nous avons retenus.

La Full Moon Party, en Thaïlande

Toute l’année durant, l’île thaïlandaise de Koh Phangan accueille lors de la mensuelle Full Moon Party des hordes de jeunes touristes attirés par la réputation festive du lieu. Alcool pas cher et de mauvaise qualité, musique médiocre, arnaqueurs et prostituées en forte densité : dans cet Ibiza discount, tout respire l’esbroufe et le piège à con. Si d’aventure vous êtes suffisamment bête pour aller dans ce lieu, ne poussez pas l’idiotie jusqu’à acheter des drogues aux locaux : vous encourez le risque que le dealer soit de mèche avec un flic et vous balance, ou de vous faire attraper et mettre en geôle (ce qui se solderait par une condamnation pouvant atteindre les 30 ans ou plus), voire que la nature du produit soit ravageuse et vous expose à tous les vicelards drogués et alcoolisés – ou non – qui traînent là comme des vautours.

C’est sans compter le désagrément causé aux autochtones ; mais cela, si vous êtes un de ces teufeurs insouciants, égoïstes et cons vous vous en tamponnez certainement.

Les canaux de Xochimilco, au Mexique

Situé au sud du district fédéral de Mexico, Xochimilco est une localité parcourue de nombreux canaux et jardins flottants (ou chinampas) remontant à l’époque aztèque. En 1987, les canaux de Xochimilco sont officiellement inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco. Il s’agit d’un des lieux les plus visités du Mexique, aussi bien par les touristes locaux qu’internationaux.

En janvier 2013, nous nous y rendons avec une copine, rencontrée quelques semaines plus tôt à Mazunte (plage de l’Etat d’Oaxaca). Nous n’avons sur nous que 200 Pesos (12€) et supposons que cela sera bien assez pour un tour en barque, afin d’atteindre la troublante île aux poupées (nous l’avions repéré et en avions parlé dans un article de cette Isla de las Muñecas). Or, une fois sur place, nous apprenons que celle-ci est située sur une île retirée, loin de la berge, à laquelle il faut 2 bonnes heures pour accéder. On nous propose un autre tour, plus court, moins cher, pour aller voir des axolotl, une étrange espèce endémique en voie de disparition, ainsi qu’une réplique de l’île...

On nous propose, comme toujours, un tarif exorbitant (peut-être 1500 Pesos, soient 90€) ; nous refusons. Notre amie mexicaine négocie un peu, et nous réglons, pour finir, 500 Pesos à nous trois pour 2 heures de promenade en barque. Quoique le lieu ait incontestablement du charme, celui-ci est gâché par les incessantes propositions de marchands de nous vendre ces cochonneries sucrées ou grasses qui font du Mexique le pays où l’obésité (1/3 de la population) et le surpoids (70% de la population) sont les plus élevés au monde.

La visite de l’aquarium et du vivarium – dont l’entrée occasionne une autre dépense – est décevante : deux axolotl, inertes et morts d’ennui, se devinent dans l’eau trouble d’un aquarium, la présentation des divers serpents fait de ces pauvres bêtes des prétextes à photos entre copains bonnes à balancer sur Facebook... Au retour, nous passons par la « réplique » de l’île aux poupées : en fait, un simulacre, quelques vagues poupées démembrées étant posées çà et là sur les arbres riverains de l’îlot.

Par chance et par refus à nous laisser escroquer, nous n’avons pas payé si cher cette arnaque. Quelques jours plus tard, notre copine Berenice nous informe, après avoir vérifié sur Internet, que le tarif officiel et légal est de 350 Pesos (une vingtaine d’Euros) par heure... mais non pas par personne, comme nous le disaient ceux qui de l’arnaque des touristes et de la malhonnêteté ont fait profession... mais par BARQUE.

Le Machu Picchu, au Pérou

Comme partout ailleurs, le Pérou a bien compris que de son passé et de sa mémoire, il peut tirer une colossale mâne financière. De là découle que, comme partout, où se pressent les portefeuilles sur pattes que sont les touristes, se groupent aussi les commerçants, les arnaqueurs, les agences et toutes sortes de boutiquiers et vendeurs à la sauvette désireux de presser le citron touristique et lui faire cracher son jus de pognon.

Le Pérou ne manque pas de lieux étonnants, méconnus, mais – ô surprise ! – ce sont toujours les mêmes que visitent les touristes, seuls ou en groupes et, qu’ils aient (rarement) ou pas (presque toujours) d’intérêt pour l’archéologie et l’histoire incas, un pourcentage astronomique d’entre eux passeront au Machu Picchu. Si bien que « tourisme », ici aussi, n’est que le vernis que l’on applique à « industrie de l’arnaque collective », consistant à faire cracher, par exemple, rien moins que 37€ pour l’accès au site ou 80€ pour un trajet Cusco-Aguas Calientes, 14€ l’aller-retour en bus pour accéder en haut...

Si bien que, au bout du compte, chacun gagnerait à se demander, ici comme ailleurs : ai-je vraiment envie d’y aller ? Suis-je à ce point attiré par ce lieux qu’il me faille absolument y aller, ou bien ne fais-je que répondre à une sorte d’impératif publicitaire, en me disait que je dois « faire » le Machu Picchu quand je « fais » le Pérou ?

(Les curieux pourront lire plus en détail la critique de Haydée sur le désastre touristique au Pérou.)

En dernier ressort, signalons l’excellent eBook consacré par Fabrice aux diverses arnaques en voyage. Car, sans en faire non plus une obsession, tout voyageur gagne à bien avoir à l’esprit qu’avant de représenter un humain, il représente pour beaucoup un capital, et que beaucoup ont, de l’objectif d’en sous-tirer le maximum, fait profession. En France, comme partout ailleurs ou presque, les taxis représentent volontiers une Internationale de l’arnaque, mais cette profession n’a pas le monopole en l’espèce. Gare ! donc aux pièges à con que représentent souvent les lieux considérés comme « immanquables »... et dont chacun ferait bien de se demander si c’est cela qu’il désire et si se sentir comme un steak dans une cage à lions est ce qu’il attend d’un voyage.

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